L’après PN : réflexion #4 (ou est-ce que j’aurais pu faire les choses différemment pour que mon couple fonctionne?)
Dans ce billet, je me suis fondée sur mon vécu de femme en couple avec un PN et sur le vécu d’autres femmes qui ont connu une histoire similaire. Cela dit, les personnes perverses narcissiques, tout comme leurs victimes, peuvent aussi bien être des femmes que des hommes.
« Est-ce que j’aurais pu faire les choses autrement? Est-ce qu’il y a quelque chose que j’aurais pu faire différemment? »
On se pose souvent ces questions après une rupture amoureuse, et même encore plus, on dirait, après une rupture avec un pervers narcissique alors que, pourtant, on connaît déjà la réponse. Pourquoi alors ressent-on le besoin de refaire l’exercice à intervalles de quelques jours, si ce n’est de quelques heures, après la rupture avec notre PN? Et si on le faisait ensemble maintenant, juste pour voir…
Pensez-vous vraiment que vous auriez pu être une meilleure épouse et une meilleure maîtresse?
Pensez-vous vraiment que vous auriez pu être plus généreuse, plus empathique, plus conciliante, plus avenante?
Pensez-vous que, si vous aviez remboursé pour lui les 2 000 dollars qu’il devait à son ami de longue date, il vous aurait remerciée chaleureusement, aurait établi pour la première fois de sa vie un budget qu’il se serait fait un devoir de respecter et vous aurait éventuellement remis ce montant de bon cœur un jour où vous ne vous y attendiez pas, sans même que vous ne l’ayez demandé?
Pensez-vous que, si vous étiez rentrée à la maison en taxi sans ne lui faire absolument aucun reproche le jour où il est parti en trombe en vous laissant comme une dinde dans le parking du restaurant parce que vous aviez osé lui suggérer que ce serait peut-être son tour de régler la note (puisque vous l’aviez fait les cinq fois d’avant), il aurait réalisé par lui-même que ce comportement était non seulement enfantin, mais aussi irrespectueux et inacceptable, qu’il vous aurait présenté des excuses sincères et qu’il ne vous aurait plus jamais fait le coup?
Pensez-vous que, si vous aviez dit « oui, chéri, tu as raison » chaque fois qu’il tenait un discours incohérent pour vous provoquer, vous faire enrager et vous faire ensuite remarquer avec un sourire en coin que vous vous comportiez comme une vraie folle, vous vous seriez levée chaque matin en vous sentant épanouie et heureuse?
Pensez-vous que, si vous aviez fermé les yeux devant toutes ses infidélités et tous ses mensonges, vous auriez mieux dormi la nuit et auriez filé le parfait bonheur, sachant que, lui, n’arrêterait pas et n’aurait jamais eu l’intention d’arrêter, quoi qu’il vous dise?
Et si vous ne lui aviez pas parlé du tout – je veux dire, si vous aviez cessé complètement de lui adresser la parole et n’aviez même pas marmonné en sa présence – de sorte que vous n’auriez pas pu prononcer un seul mot susceptible d’occasionner une crise, des injures et un départ subit, pensez-vous qu’il serait resté et ne vous aurait plus jamais quittée, ou qu’il se serait plutôt énervé devant votre mutisme et votre indifférence?
Ces questions, elles semblent absurdes, mais elles nous hantent et peuvent venir pourrir notre quotidien. Ce n’est pas si facile de les chasser de notre esprit, parce que notre esprit, il cherche encore à s’expliquer les contradictions qu’il a vécues tout au long de la relation. Parce qu’il y en quand même eu, des bons moments de couple « normal » (enfin, il y en a eu pour nous, même s’ils étaient probablement faux pour lui). Des petits-déjeuners ensemble au comptoir de la cuisine, des soirées cinéma entrelacés sur le divan, des dimanches matin au lit, chacun affairé à lire ou à regarder une série, de petits appels durant la journée pour décider de ce qui serait au menu du soir, des textos pour se dire je t’aime, des rires et des fou rires. Il y en a eu oui, et notre esprit cherche encore et toujours à s’expliquer pourquoi l’autre n’a pas pu tout simplement leur laisser libre cours, pourquoi il a fallu qu’il bousille tout, sans arrêt.
Je ne sais pas pour le vôtre, mais mon PN à moi me répétait souvent qu’il voulait un couple « sain », comme celui de ses amis et de son entourage, une relation calme et harmonieuse, une relation d’amour et de complicité, et non une relation tendue et conflictuelle comme la nôtre. Et le problème, bien entendu, il venait de moi. Mais à aucun moment il ne s’est arrêté pour prendre conscience qu’une relation calme et harmonieuse, ça ne se construit pas en mentant à l’autre continuellement, en menant une double vie, en cumulant les infidélités, en ne contribuant pas au couple financièrement, en ne voulant rien partager, en jalousant les réussites de l’autre, en prenant la fuite à la moindre occasion et en détruisant l’autre et en s’autodétruisant.
Ces questions, elles sont à la fois absurdes et normales et la réponse, on la connaît et on sait qu’elle se résume en deux mots : pervers narcissique. Alors aussi difficile que ce soit pour notre esprit, il faut arrêter de chercher plus loin. Et il ne faut pas avoir peur de se placer devant le miroir matins et soirs et d’y répondre avec assurance, à voix haute.
Parce que NON, il n’y a rien que vous n’ayez pas fait et que vous auriez dû faire, et NON, il n’y a rien que vous ayez fait et que vous n’auriez pas dû faire.
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