L’après PN : réflexion #3 (ou suis-je trop empathique, trop sincère, trop généreuse?)

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Comme dans tous les billets, le masculin englobe le féminin, et vice versa. Le masculin n’est employé que par souci de simplification. Car oui, les personnes perverses narcissiques peuvent aussi bien être des femmes que des hommes.

Il y a quelque temps, malgré mon hésitation à le faire, j’ai partagé mon « état d’âme » du moment sur un groupe privé Facebook* destiné aux victimes de pervers narcissiques, de violence conjugale ou de violence psychologique.

Ce post a été tellement libérateur pour moi, et les commentaires d’appui et d’encouragement ont été si réconfortants, que cela m’a donné l’idée de créer ce « blogue » où l’on pourrait échanger plus que de la théorie : où l’on pourrait partager notre vécu, nos sentiments, nos « états d’âme ».

Je me suis lancée dans ce projet en sachant qu’il y avait de fortes chances qu’il ne soit qu’une goutte d’eau dans l’océan, mais en osant espérer qu’il puisse être LA goutte d’eau tant attendue par un voyageur perdu dans le désert. Comme le post en question est à la source même de ce projet, j’ai pensé en reprendre l’essence pour la publier ici aujourd’hui.

Here it goes:

Après le départ abrupt, inattendu et tellement dramatique (une vraie pièce de théâtre) de mon PN un matin, alors qu’il m’avait dit qu’il m’aimait et qu’il était chanceux de m’avoir deux jours avant, je m’en suis voulu d’être « trop empathique ». Je me détestais d’être la personne hypersensible, empathique et généreuse que je suis. J’aurais voulu être comme lui : insensible, sans remords, sans émotions et, donc, sans tristesse et sans désarroi. Juste continuer mon petit bonhomme de chemin comme lui, en laissant tout derrière comme si de rien n’était, comme si on ne s’était jamais rencontrés, comme si on n’avait jamais rien partagé, jamais rien vécu ensemble. Être capable de le bloquer de partout comme lui l’avait fait, avec une si grande aisance et l’esprit tranquille, du moins en apparence.

Eh bien aujourd’hui, après un peu de cheminement, j’ai changé d’avis. Non, je ne suis pas TROP empathique, TROP sensible ni TROP généreuse. Je suis juste tombée sur la mauvaise personne, sur quelqu’un qui en a profité pour essayer de combler son vide intérieur et d’apaiser son mal-être. Les choses auraient été tellement différentes si j’avais eu à mes côtés une personne respectueuse et aimante qui aurait su apprécier ces qualités… parce que oui, ce sont des qualités. Je le réalise aujourd’hui.

Une chose est sûre par contre : je vais travailler pour apprendre à poser mes limites, pour ne plus jamais accepter qu’on abuse de mon empathie, de ma générosité et de ma sincérité. Car plus jamais je ne veux qu’on me fasse douter de moi, qu’on me vide de mon énergie, qu’on me fasse sentir comme une moins que rien et qu’on me jette comme un vieux torchon sale. Un jour à la fois, mais je vois déjà le progrès. Si je l’avais devant moi aujourd’hui, cet être malsain, je le remercierais d’être parti et je le remercierais de m’avoir permis, par son départ et son silence radio, de commencer le sevrage que j’aurais dû faire depuis longtemps.

Restez généreux, restez empathiques, restez sincères. Mais choisissez les personnes qui bénéficieront de ces qualités.

Parce que, pour une personne malveillante, vous serez une goutte d’eau dans la mer mais, pour une personne aimante, vous serez un oasis dans le désert.

Vous avez aimé ce billet ou vous pensez qu’il pourrait aider ou intéresser quelqu’un? Partagez-le et abonnez-vous à la page Facebook. Ensemble, luttons contre la violence psychologique.

* Victimes du Québec de pervers narcissiques, de violence conjugale et/ou psy

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