Le pervers narcissique : un cerveau d’enfant dans un corps d’adulte

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Comme dans tous les billets, le masculin englobe le féminin, et vice versa. Le masculin n’est employé que par souci de simplification.

Le pervers narcissique est un enfant coincé dans un corps d’adulte. Selon les avis d’experts formulés sur le sujet, il aurait stagné à un âge mental d’environ 3 à 7 ans. Ainsi, qu’il ait 20, 30, 40 ou 50 ans, il demeure l’enfant qu’il a toujours été.

Le pervers narcissique est immature et irresponsable, et il rejettera constamment la faute sur l’autre, tel un enfant qui, ayant fait eu une bêtise, aura pour réaction immédiate d’en pointer un autre en disant : « Ce n’est pas moi, c’est lui! ». Je dois dire que ce comportement, je le connais trop bien. Même qu’un jour, j’ai demandé à mon PN pourquoi il m’avait menti à propos de ci et de ça et il m’a répondu : « Parce que je ne voulais pas me faire chicaner ». J’aurais pu en rire, mais je vous avoue que ces mots, sortis de la bouche d’un adulte, m’ont davantage troublée qu’amusée.  

Cela dit, il est important de souligner que, bien sûr, il existe des personnes qui se comportent en enfants à l’âge adulte et qui sont immatures et incapables d’assumer des responsabilités, mais qui ne sont pour autant des pervers narcissiques. Autrement dit, un adulte irresponsable et immature n’est pas forcément un PN, mais l’immaturité est une caractéristique commune aux PN. Car le PN est une personne qui refuse de prendre ses responsabilités et qui n’a jamais tort. S’il commet une erreur, ce sera toujours la faute de quelqu’un d’autre ou de quelque chose d’autre et, croyez-moi, il trouvera.

Mais on ne remarquera pas tout de suite que l’être aimé a continuellement des comportements d’enfant, et ce, à tous les égards. Et pourquoi donc? Parce qu’on part du principe qu’il s’agit d’un adulte et que, de ce fait, il se comportera en adulte. La « présomption d’adulte responsable » : et voilà! Et étant donné que nous sommes nous-mêmes un adulte responsable capable de reconnaître nos torts, de payer nos comptes, de faire notre lessive et d’admettre que nous avons cassé un verre, au lieu d’en ramasser les morceaux et de les enfouir complètement au fond de la poubelle, sous les pelures de bananes du matin et les restes de la veille, ou encore de laisser planer le doute que le responsable pourrait être un autre occupant de la maison, même lorsqu’il n’y a aucun autre occupant, nous « présumons » qu’il en sera de même pour l’autre.

Au début de la relation, on prendra donc insouciamment les devants pour régler l’addition au resto parce qu’il aura laissé sa carte de crédit dans la poche de son autre pantalon, pour faire encore une fois le ménage du frigo parce qu’après tout, c’est vrai qu’il a passé la journée à faire les courses et c’est un simple retour d’ascenseur, et pour laver les draps du lit parce qu’on va se le dire, c’est chiant de les enlever et encore plus de les remettre, alors on ne commencera pas à faire du chichi et à l’embêter avec ça.

Ce qu’on ne pigera pas tout de suite, c’est qu’en réalité, notre chéri ne peut pas utiliser la seule et unique carte de crédit dont il dispose parce que le solde disponible est de zéro, que, pour lui, le ménage d’un frigo est une tâche annuelle, voire quinquennale, et que les draps du lit, il s’en contrefiche qu’ils soient propres ou sales et qu’il n’en a probablement jamais lavé de sa vie. Ce n’est aussi que plus tard qu’on allumera sur le fait que d’aller au supermarché pour y acheter quelques légumes et une pièce de viande, même en arrêtant en chemin pour mettre de l’essence, ça ne prend pas toute une journée (quoiqu’en temps de COVID, c’est vrai qu’on pourrait accorder le « bénéfice du doute ») et qu’il a sans doute passé quelques heures à regarder des vidéos sur YouTube dans le parking d’un centre commercial. Ce qu’on peut être aveugle tout de même, durant cette sacrée phase lune de miel.

Si vous n’aviez pas d’enfant, bien félicitations : vous en avez maintenant un. Et si vous en aviez déjà deux, bien vous en avez maintenant trois, sauf que le troisième, il n’évoluera jamais. Ce qui est également aberrant, c’est que, s’il y a d’autres enfants dans la maison, le PN sera, dans sa tête, de rang égal à ces enfants. C’est-à-dire que, si vous lui demandez hyper gentiment (car avec un PN, on sait qu’il vaut mieux peser chacun de ses mots car on marche toujours sur des œufs) s’il lui serait éventuellement possible, dans un avenir sensiblement rapproché, si ça ne lui occasionne pas trop d’inconvénients, de ramasser la serviette de bain qu’il a laissée par terre, il ne sera pas rare qu’il commence à argumenter avec vous sous prétexte que, le matin même, votre fils de 11 ans a lui aussi laissé sa serviette de bain par terre, mais qu’à lui, vous n’avez rien dit et vous avez préféré prendre cinq secondes pour la ramasser que d’attendre son retour de l’école pour le sommer de le faire.

Les causes de ces comportements immatures, elles peuvent être multiples, mais elles remonteraient à l’enfance (et ce sera le sujet d’un autre billet, car je m’efforce – avec difficulté souvent – de garder mes publications short and sweet dans la mesure du possible). Mais grosso modo, si le PN adulte est enfantin et infantile, ce serait souvent (mais pas toujours) parce que ses parents ne lui auraient pas mis de balises lorsqu’il était enfant et qu’il n’aurait pas intégré les codes relationnels et sociaux les plus élémentaires, comme les principes de respect de l’autre et de soi, d’honnêteté, de confiance, de loyauté et d’empathie. On remarquera aussi fréquemment que le PN est l’enfant unique qui a été trop couvé et gâté, l’enfant roi tant attendu que le couple a eu sur le tard et que, dans le cas d’un homme du moins, la relation avec la mère, même à l’âge adulte, est malsaine parce que trop fusionnelle et envahissante.

On pourrait se dire que de vivre avec une personne qui a de tels comportements immatures et enfantins, ce n’est pas la fin du monde, d’autant plus que nous, nous sommes là pour compenser. Mais pour l’avoir vécu au quotidien pendant une certaine période de temps, je peux vous garantir que ça n’a rien de comique.  

Parce que de voir nos propres enfants se responsabiliser à un rythme plus rapide que notre conjoint, c’est non seulement gênant mais épuisant.

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