L’après PN : réflexion #2 (ou n’ayez jamais honte de la manipulation dont vous avez souffert)

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L’idée m’est venue un soir de mettre sur pied un outil d’information et de communication où l’on pourrait échanger, partager son vécu et ses connaissances, partager des outils d’aide, se soutenir, s’encourager et se libérer de ces foutus sentiments de honte, de culpabilité et d’échec que l’on ressent après avoir vécu une relation toxique.

Ce n’est pas facile de parler du harcèlement psychologique qu’on a subi et de la souffrance qu’on a éprouvée et endurée, pendant longtemps en plus parfois, parce qu’on sait pertinemment que certains minimiseront notre douleur, nous prêteront de mauvaises intentions et croiront que nous exagérons, que nous inventons et que nous cherchons à accuser pour rejeter la faute sur l’autre et nier nos torts.

Comme j’aime écrire, on m’a souvent demandé pourquoi je n’écrivais pas un livre. Ma réponse était que je n’avais pas d’inspiration. Et pour être bien franche, j’aurais nettement préféré qu’aujourd’hui, mon inspiration provienne d’un voyage exceptionnel à Bali ou à Bora Bora ou d’une ascension difficile mais réussie du Machu Picchu. Car il n’y a rien de très glamourous à admettre que nous sommes tombés sous l’emprise d’un pervers narcissique ou d’une perverse narcissique, d’autant plus que cette personne, elle n’a rien de très glamourous non plus une fois son masque tombé. Avez-vous déjà fait l’exercice de dresser la liste en deux colonnes de ses points positifs et de ses points négatifs? Ouch. Il faut se creuser les méninges pour un côté de la feuille, n’est-ce pas? Et quand sortir les poubelles est l’un des trois points positifs, on met abruptement fin à l’exercice sous prétexte qu’on a des tâches bien plus urgentes à faire, comme replacer les boîtes de conserve dans le placard pour mettre toutes les étiquettes vers l’avant.

Mais pourquoi on reste alors? Pourquoi on accorde chance, après chance, après chance, après chance? Eh bien c’est ça, le pouvoir de la manipulation. Et il ne faut pas avoir honte d’en avoir été victime. Quelqu’un a abusé de notre bonté et de notre bienveillance. Nous y avons cru, nous avons déposé notre cœur entre ses mains et nous ne demandions rien de mieux que de prendre soin du sien. Oui, c’est souffrant quand on repense à tout le mal que l’autre nous a fait, en crescendo parce que ça commence par quelques paroles blessantes ici et là, par de petites crises comme de nous quitter en plein milieu d’un repas au restaurant et par des mensonges pour des broutilles auxquels on ne prête pas trop attention, pour dégénérer en peu de temps en un flot de paroles dénigrantes suivies d’un « je t’aime », par des départs soudains dont on n’arrive pas à s’expliquer la cause et par une vie entièrement mensongère qu’on commence à découvrir lorsqu’un message texte d’une autre femme (ou d’un autre homme) qui ne laisse pas de doute sur la nature de la relation vient à « poper » sur son téléphone alors que le hasard fait qu’on passe juste à côté au même moment.    

Quand il m’arrive de me questionner sur mon jugement et d’être tentée de me traiter de naïve et d’idiote, je pense à l’entourage de mon PN, aux gens qui le côtoient depuis des dizaines d’années et qui, eux non plus, ne voient pas – ou ne veulent pas voir – la noirceur et la toxicité de cette personne. Je ne suis pas plus idiote qu’une autre, peut-être plus empathique oui, mais je ne connaissais rien à la manipulation alors que, lui, était passé maître dans l’art bien avant de me rencontrer.

Je sais que je ne dois pas avoir honte de ce que j’ai vécu, et vous non plus. Et garder notre histoire secrète par honte ou par peur qu’on nous juge ne fait que retarder notre processus de guérison. Bien oui, on va perdre quelques amis en chemin, mais cela nous évitera de faire le tri qu’on aurait peut-être dû faire bien avant, et on en gagnera d’autres, qu’on choisira en raison de leur grande sensibilité, de leur ouverture d’esprit et de leur intelligence émotionnelle.

Continuez à en parler, à échanger et à sortir le méchant, jusqu’à ce que vous vous sentiez libérés… puis amorcez votre ascension.

Parce que, même si vous savez qu’elle sera éprouvante, tout comme celle du Machu Picchu (du moins à ce qu’on dit), vous savez aussi que la vue au somment sera imprenable.

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