Quand c’est le PN qui nous quitte, quelles émotions est-ce normal de ressentir?

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Comme dans tous les billets, le masculin englobe le féminin, et vice versa. Toutefois, dans ce billet en particulier, je me suis fondée sur mon vécu de femme en couple avec un PN et sur le vécu d’autres femmes qui ont connu une histoire similaire. Comment cela se passe-t-il généralement pour un homme qui se fait quitter par une PN? Si vous êtes un homme, n’hésitez à me contacter pour m’en faire part.

Quand c’est le PN qui nous quitte, une multitude d’émotions viennent nous assaillir : de la tristesse, de l’incompréhension, de la frustration, de la colère, de la rage même, et du désarroi (mal placé, on se le dira).

Et c’est bien normal : on a tout donné à cette personne, on s’est fait vampiriser, on s’est vidé de tout son sang, on a bien souvent joué le rôle de l’épouse, de la maîtresse, de la mère, de la ménagère, de la trésorière, de la prêteuse (sans gage), de la G.O., de la psy et de la coach de vie (ouf…!), et voilà maintenant que cet être complètement dysfonctionnel, qui était incapable de garder un emploi stable, de payer son compte de mobile à temps, de nous rapporter la monnaie de notre 20 $ après être allé chercher un carton de lait au dépanneur et de régler le thermostat en mode chauffage l’hiver et en mode climatisation l’été prend, lui, la décision de nous quitter.

Bien souvent en plus, nous avions accepté, après avoir écouté son plaidoyer magistral, de lui accorder une dernière chance à peine deux semaines avant, alors qu’on s’était pourtant bien dit, ce jour-là, que c’était LE JOUR J où il allait faire sa petite valise pour ne plus jamais refranchir notre cadre de porte. Et maintenant, voilà que c’est lui qui prend ses cliques et ses claques. C’est incompréhensible, illogique et surréaliste. Nous avons peine à y croire et nous sommes dévastées.

Et pour en rajouter une couche, bien il faudra qu’on s’humilie en le suppliant de rester (eh oui, c’est un quasi-incontournable). On ressentira aussi le besoin de le bombarder de textos – parce qu’il ne répondra généralement pas à son téléphone – pour lui énumérer un à un les arguments qui, logiquement, devraient le convaincre de rester, pour lui dire qu’on va tout faire pour que le couple fonctionne et pour lui dire qu’on l’aime et lui remémorer tous les bons moments passés ensemble… pour ensuite changer complètement de registre en lui rappelant tout ce qu’on a fait pour lui, en lui disant ses quatre vérités et en lui décrivant de long en large tous ses gestes et comportements pitoyables et inacceptables qui nous ont faites souffrir.

Et on penserait qu’on s’arrêterait là, n’est-ce pas? Mais non : parce que, oui madame, on va même souvent aller jusqu’à essayer de le récupérer dans les jours, les semaines ou les mois qui suivent. Dieu sait qu’on en perd du temps à attendre qu’il réponde à nos textos ou retourne nos appels pendant que, lui, s’applique savamment à ne répondre que deux ou trois jours plus tard, et de la manière la plus évasive possible.  

Et un jour ou l’autre, l’inévitable va se produire : il va nous bloquer DE PARTOUT. Et que celles qui n’ont pas mordu à l’hameçon et n’ont pas cherché un moyen détourné de le contacter, exactement comme il le souhaitait, jettent la première pierre.

Cette démonstration de désarroi total, bien sûr qu’on va la regretter, d’autant plus qu’on va comprendre plus tard que notre PN, il s’en tape de nous avoir faites souffrir, qu’il est vide et malheureux et qu’il est mécontent lui aussi d’avoir échoué. Parce que oui, c’est un échec pour lui car, s’il en est arrivé à devoir partir, c’est qu’il voyait qu’il ne parvenait plus à nous manipuler aussi facilement qu’avant, qu’on l’avait démasqué ou était sur le point de le faire, et qu’il était grand temps pour lui de partir chasser une nouvelle proie plus docile et plus facile à vampiriser, s’il ne l’avait pas par ailleurs déjà trouvée (qu’il s’agisse d’une autre femme, d’un ami ou d’un membre de sa famille). Parce qu’on le sait, le PN ne supporte pas d’être seul, sans approvisionnement narcissique.

Mais même si l’on regrettera et aura honte au début d’avoir eu tous ces comportements débiles à l’égard d’une personne qui ne nous apportait rien de bon et avec qui le quotidien était insoutenable, il faut se dire que c’était l’étape préalable essentielle à notre phase de reconstruction. Parce qu’une fois la poussière retombée, une fois notre orgueil dégonflé, on admettra qu’on s’en tape bien, nous aussi, de ce que notre PN peut penser parce qu’on sait pertinemment que lui, sera toujours malheureux et prisonnier de ce scénario dramatique qu’il aime jouer et rejouer, alors que nous, on se sentira éventuellement, même s’il nous faudra un peu de temps, libre et heureuse.

Je ne saurais prodiguer de conseils, mais j’aurais quand même tendance à dire (et vous me le direz si j’ai tort) : sachez lâcher prise une fois que toutes ces étapes, humiliantes mais nécessaires, ont été franchies. Ne recommencez pas le parcours : c’est un parcours en boucle et vous vous retrouverez toujours dans le parking du départ. Remerciez plutôt le ciel, et même l’univers, qu’il vous ait bloquée et poursuivez votre chemin, mais dans la bonne direction cette fois.

Vous avez une impulsion de lui écrire? Téléphonez à un proche, regardez un vidéo de motivation, allez prendre l’air, mangez une toast au nutella s’il le faut, mais résistez. L’envie vous passera et, un jour ou l’autre, vous n’en aurez plus du tout envie.

Il vous recontacte? Ignorez-le. N’entamez même pas une conversation.

Parce que vous savez déjà qu’il n’aura rien de nouveau à dire que ce que vous avez déjà entendu.

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