Quand le pervers narcissique vous punit par son silence
Dans ce billet, je me suis fondée sur mon vécu de femme en couple avec un PN . Cela dit, les personnes perverses narcissiques, tout comme leurs victimes, peuvent aussi bien être des femmes que des hommes et, comme dans tous les billets, le masculin englobe le féminin, et vice versa.
Eh oui, le pervers narcissique vous punit, et il vous punit de différentes façons et pour différentes raisons. Mais fondamentalement, il vous punit parce que c’est pour lui un moyen d’exercer son emprise sur vous et de vous contrôler, ou du moins de tenter de le faire.
Maintenant, sachant cela, c’est à vous de décider si vous le sustenterai, si vous lui donnerez la satisfaction qu’il attend, si vous lui conférerez le pouvoir qu’il cherche tant à obtenir et si vous réagirez exactement comme il le souhaite, ou si vous déciderez plutôt, une fois pour toutes, que vous n’avez plus envie de vivre ces montagnes russes émotionnelles, de subir ces humiliations récurrentes, de vous remettre constamment en question et de vous sentir toujours coupable d’une faute que, la plupart du temps, vous n’avez même pas commise ou que, même en y réfléchissant de midi à quatorze heures, vous n’arrivez pas à cerner. Parce que oui, plus souvent qu’autrement, le pervers narcissique vous laissera dans le flou total quant à la raison pour laquelle il estime devoir vous punir, de sorte qu’en plus de subir la douleur de la « punition », vous perdrez votre temps et votre énergie à essayer de comprendre ce qui a bien pu se passer entre l’instant où il vous mettait sur un piédestal et l’instant où il vous traite comme une moins-que-rien.
Si vous avez côtoyé un pervers narcissique, celui-ci vous a fort certainement infligé des punitions, qui peuvent avoir pris diverses formes. Dans ce billet, je voulais en aborder une en particulier, que je considère comme le classique des classiques, pour y avoir eu droit plus d’une fois, et par plus d’un pervers narcissique.
La punition du silence (ou ce qu’on appelle communément le « silent treatment » en anglais).
Le silence du pervers narcissique, c’est l’un des plus communs abus psychologiques qu’il utilisera dans le but de vous punir et de vous faire souffrir, en espérant que vous vous poserez mille et une questions sur la raison pour laquelle il vous ignore soudainement, et en espérant que vous emploierez tous les moyens possibles pour le contacter et implorer son retour.
Vous avez sûrement déjà vécu l’une des situations suivantes : parce que vous avez froissé son égo, avez dit quelque chose qui l’a contrarié ou l’avez confronté au sujet d’un mensonge, d’une tromperie ou d’une tricherie – ou encore pour un simple malentendu, pour un désaccord bête ou pour un mauvais choix d’emoji – il vous bloque de partout en une demi-seconde de sorte que vous n’avez même pas le temps de finir votre phrase (en tout cas, pour une fois, vous ne pouvez pas lui reprocher sa lenteur), ou il vous quitte en furie, en claquant la porte de la maison et celle de sa voiture, et en ne ratant surtout pas son démarrage en trombe. Ou sinon, autre scénario possible (et je parle en connaissance de cause) : avant de partir, il restera dans la cour, dans sa voiture, un bon 10-15 minutes, moteur en marche, portières verrouillées et vitres closes, et il téléphonera – ou fera semblant de téléphoner – à vous ne savez trop qui (et alors, place à l’imagination n’est-ce pas) et vous, vous resterez bêtement plantée là, à pleurer et à le supplier de baisser sa vitre ne serait-ce que de quelques centimètres pour lui parler, pour le calmer, pour vous expliquer, et ce, au vu et au su de tous les voisins, bien entendu. Du drame inutile, en voulez-vous, en voilà!
Et puis après : plus de nouvelles. Plus de nouvelles parce qu’il espère que vous passerez par toute une gamme d’émotions et de sentiments allant du désespoir à la colère, en passant par la culpabilité et le remords. Plus de nouvelles parce qu’il veut que vous sachiez que vous ne méritez absolument aucune considération. Plus de nouvelles parce qu’il veut vous véhiculer un message clair : « Tu n’as aucune valeur pour moi. »
Et vous y voilà : le pervers narcissique vous ghost, vous offense en vous supprimant de ses amis Facebook et en supprimant de sa page toutes les publications où vous apparaissiez, en rajoute une couche en changeant son statut en moins de cinq minutes pour être certain de vous humilier bien comme il faut devant votre entourage et le sien (changement de statut qui, par ailleurs, sera applaudi par deux ou trois de ses amis – toujours les mêmes – qui ne manqueront pas l’occasion de manifester leur approbation par un gros pouce) et vous ajoute à ses contacts bloqués sur son cellulaire en souhaitant ardemment que vous ne pourrez retenir votre impulsion de lui téléphoner et serez ainsi confrontée à la fatalité de tomber directement dans sa boîte vocale.
Le silence du pervers narcissique, il peut durer des heures, des jours, des semaines, des mois, ou durer indéfiniment. Frustrant quand on ne sait même pas ce qui est nous est reproché. Frustrant quand une peccadille prend des proportions gigantesques. On croirait qu’une discussion franche entre adultes aurait permis d’arranger les choses? Fort probable que oui. Mas pas avec le pervers narcissique, oh que non. Car il ne faut pas oublier que le pervers narcissique est un cerveau d’enfant dans un corps d’adulte. Et une discussion franche, en a-t-on déjà eu une, seulement, avec lui?
Un pervers narcissique usera et abusera toujours du silence. Il ne changera jamais son comportement. Et détrompez-vous : il ne s’efface pas pour réfléchir, et encore moins pour trouver des solutions. Il ne souffre pas de cette distance installée entre vous, et vous ne lui manquez pas. S’il revient, ce sera en jubilant déjà en songeant au moment où il repartira et où vous l’implorerez encore une fois de revenir.
Alors pourquoi ne pas saisir l’occasion pour couper les ponts, pour vous recentrer sur vous-même, pour réfléchir à ce que vous voulez faire de vos dix, quinze, vingt prochaines années? Posez-vous la question : que vous apporte-il aujourd’hui? (et non que vous a-t-il apporté au début de la relation, car la période lune de miel, elle est long gone, et elle ne reviendra pas)
Avez-vous envie de passer encore et toujours les trois quarts de votre temps à vous questionner, à culpabiliser, à tenter de trouver des solutions, à ramer pour deux, à tenter de le sauver, et qui plus est, à vous faire dénigrer, humilier, insulter, puis laisser en plan? Souhaitez-vous continuer de donner sans compter à quelqu’un qui ment, vole et détruit? Avez-vous envie de vivre en boucle ce cycle infernal jusqu’à la fin de vos jours?
Il est extrêmement difficile de couper définitivement les ponts avec un pervers narcissique, mais on peut trouver la force et le courage de le faire, avec le bon soutien et le bon accompagnement, même quand on se sent faible et détruite. Respectez-vous, parce que lui ne saura jamais le faire. Libérez-vous, car vous affranchir de cette relation destructrice est un enjeu vital, tant pour votre santé physique que pour votre santé.